Anne Pantillon   peintre
 

2014-2019

Oscillography

Article de Laurent Delaloye, journal 24 heures, 16 mai 2019

Les envoûtantes et non surprenantes "Oscillographies" de la Neuchâteloise de Lausanne (1964) vont faire vibrer plus d'un amateur, garanti! Cette passionnée de violon et dessin crée des peintures-ballets ni abstraites ni figuratives, tantôt musculaires, parfois radiographiques, souvent torrentielles, jamais silencieuses ni statiques, toujours charnelles. Et pour cause, elles émergent d'un "bain sonore" (vent, musique classique ou jazz) écouté en boucle, et d'un étrange corps à corps voluptueux, parfois douloureux, entre papier, les bras, les coudes, les mains. La peau, enduite de pigments au liant acrylique monochrome, supplante le traditionnel pinceau avec la précision d'un sismographe. Une écriture lumineuse et personnelle que je vous encourage à lire aussi les yeux fermés tant il y a de frissons qui s'en dégagent.

Exposition "Oscillographies" 2 mai-14 juin 2019

Espace RichterBuxtorf, Lausanne

Un engagement total

Ce n’est pas en agitant le pinceau qu’Anne Pantillon peint. C’est dans un engagement du corps, dans une danse avec la peinture et le papier que l’artiste fait naître des compositions ni abstraites, ni figuratives mais empreintes d’une volupté colossale. Anne a remplacé le pinceau par la peau et c’est en appliquant certaines parties de son corps sur le papier que naissent ses compositions claires-obscures. Certains se sentirons comme aspirés à l’intérieur d’un organe vivant, d’une radiographie, d’autres au contraire se promèneront dans des paysages grandioses, d’autres encore se croient pris sous les ailes d’un oiseau géant. Les peintures d’Anne proposent un voyage sensuel et englobant. A chacun d’y trouver son chemin.

Le rythme dans le sang

Anne naît dans une famille où la musique est omniprésente et longtemps, cette Chaudefonnière de naissance, hésite entre musique et peinture. Elle choisit finalement le media qui lui procure le plus grand espace de création, la plus vaste liberté : les arts plastiques. Mais quelque part au fond d’elle reste tapie le rythme et la musique qui au détour d’une expérimentation artistique va refaire surface jusqu’à devenir la base de création des œuvres récentes de l’artiste. C’est en musique, sur des rythmes répétitifs que naissent les Oscillographies. Ses gestes se synchronisent avec le son, et des formes surgissent dans un corps à corps avec le papier.

Le résultat puissant et organique est proprement fascinant.

Régine Buxtorf